En parallèle au billet de Laurent Maisonnave dans lequel il soulève la problématique de la connectivité Internet pour diffuser en direct sur Internet, voici les principaux obstacles, ainsi que les solutions disponibles pour réussir avec succès une telle opération.

Le processus de la diffusion en direct est découpé en quatre grandes étapes :

  1. La captation
  2. Le traitement vidéo et encodage
  3. Le transport du signal (flux encodé / transmission vidéo)
  4. La diffusion (infrastructure de diffusion)

À celles-ci s’ajoute également la partie client - ou interface de diffusion - qui devrait avoir été au préalable développée en fonction des spécifications de la diffusion.

Bien que la bande passante de l’utilisateur final soit un facteur jouant sur la qualité qu’il expérimentera, un développement bien effectué de l’interface de diffusion permettra d’éliminer bien des frustrations à celui-ci. Également, il faudra planifier une infrastructure de diffusion qui pourra soutenir le volume anticipé. Sur ce point, l’utilisation d’un CDN est bien souvent la solution appropriée.

Dans ce billet, j’aimerais plutôt m’attarder à l’étape 3 du processus : le transport du signal.

Tel que l’explique Laurent, un des défis dans l’exécution d’une diffusion en direct - professionnelle - réside dans l’acheminement du flux (ou des flux) encodé(s) vers l’infrastructure de diffusion. L’entreprise pour laquelle j’œuvre dispose à même ses bureaux, de toute la mécanique pour effectuer des diffusions de haute qualité à profusion. Ce n’est pas toujours le cas lorsque l’on se retrouve à diffuser à partir d’un endroit arbitraire. Quelles sont alors les options qui s’offrent à nous?

Peu importe la solution qui sera retenue, le facteur budget du client sera plus qu’autrement celui qui guidera le choix. Par contre, à certaines occasions lorsque le contenu est critique et qu’une fiabilité à toute épreuves est requise, le coût ne sera pas déterminant.

La première question à se poser est la suivante : doit-on effectuer un encodage sur place ou bien transmettre le signal vidéo à une installation fixe qui prendra le relai? Dans le cas où l’on doit - facteur budget souvent oblige - effectuer l’encodage sur place, la première option est de vérifier si l’endroit dispose d’une connectivité adéquate pour effectuer la webdiffusion. Attention ici aux pièges. Plus qu’autrement, ce n’est pas le cas et il ne faut surtout pas se fier aveuglément aux spécifications avancées par le responsable TI de la place.

On préférera faire installer des liens temporaires - aux coûts variés - nous donnant plus de contrôle sur l’appareillage et les configurations. Une façon simple et rapide est de faire installer des liens DSL d’affaires temporaires. Cette approche à l’avantage d’être peu dispendieuse et rapide d’installation. Par contre, la performance est souvent limitée et le débit disponible n’est que de quelques centaines de kbps (environ 700kbps). Si vous désirez diffuser en haute qualité ou en plusieurs langues - ce qui est souvent le cas lors d’assemblées annuelles au Québec par exemple - l’opération risque d’être assez complexe, voire non réalisable avec cette solution.

La seconde solution consisterait en transmettre le - ou les flux - vidéo à une installation qui prendra en charge l’encodage. Cette installation sera dotée de plusieurs encodeurs et d’une connectivité maximale vers les serveurs de diffusion. Pour réaliser ceci, les méthodes sont variées, allant du transport de signal par fibre, à la transmission micro-ondes aux relais par satellite. Les coûts seront variables en fonction de la technologie choisie et du type d’événement à diffuser (multilangues, multi flux, etc.). La différence en coûts entre la solution DSL et celles mentionnées ici peut sembler énorme (du 10 pour 1), mais c’est le prix à payer si la priorité est la fiabilité de la transmission. Généralement, ces méthodes seront favorisées lorsque le contenu est critique, de haute qualité et/ou nécessitant une redondance maximale.

Y a-t-il des moyens plus simples? La réponse est oui, mais les solutions disponibles ne sont pas encore facilement accessibles et surtout, ne sont pas nécessairement moins coûteuses. Lors du dernier Streaming Media à New York, j’ai pu discuter avec LiveU, une entreprise spécialisée dans le transport de signal IP par réseaux cellulaires. Cette technologie (pas encore disponible au Canada) est prometteuse, mais est encore coûteuse et limitée à plus ou moins 1.2 Mbps en amont.

LiveU has developed a revolutionary hand-held video uplink device that enables anyone to broadcast live video instantly, anytime, anywhere. This technology provides high-quality, affordable video transmissions over existing wireless infrastructure.

Grosso modo, cette technologie agrège la bande passante de fournisseurs de services cellulaires pour en résulter à un total d’environ 1.2 Mbps en bande passante. La solution nécessite également une partie logicielle qui reconstitue le flux provenant des différents fournisseurs. VBrick Systems, également présente au Streaming Media offre aussi une solution dans le même genre.

Les technologies sans fil pavent sans aucun doute la voie pour le futur, mais avant d’en arriver à produire des diffusions de haute qualité avec celles-ci, il y a encore bien du chemin à faire.

Entre-temps, vous pourrez toujours vous contenter de capter le tout via votre cellulaire et pousser la diffusion avec des applications comme Qik ou UStream mobile - que je trouve géniales soit dit en passant. Par contre, ce billet concerne plutôt les diffusions impliquant des équipes de production professionnelles, nécessitant des débits élevés afin d’offrir une haute qualité de diffusion et où le client n’accepterait pas une coupure en cours de transmission. Une belle réussite en la matière est la diffusion des derniers Jeux olympiques à Beijing. L’exploit sera répété en HD lors des prochains Jeux à Vancouver.

En conclusion, il n’y a pas de recette miracle pour effectuer des diffusions « remote ». Évidemment qu’il y a de bonnes pratiques, des guides et procédures que l’on peut suivre, mais chaque diffusion est à l’heure actuelle un défi plus ou moins grand, à laquelle il faut s’attarder au moindre petit détail. La clé du succès : testez, retestez et testez à nouveau chaque étape du processus.

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