Rim Boukhssimi, chez Canoe, y est allé d’un bel article nous présentant le contexte économique de la WebTélé au Québec. Bien que je sois en accord avec plusieurs points s’y retrouvant, c’est cet extrait qui semble résumer le mieux la situation actuelle au Québec :

«Ils n’y voient pas d’intérêt (en parlant de l’APFTQ), car ce n’est pas une source de revenus et ils n’ont pas tort, explique André H. Caron, directeur de la CITÉ (Chaire Bell en recherche interdisciplinaire sur les technologies émergentes). La télévision ne disparaîtra pas, mais elle devra s’adapter à cette nouvelle réalité de consommation.»

Pour l’instant, la télévision ne sera pas détrônée, mais devra s’accommoder du Web, comme jadis la presse papier d’Internet.

Voici ce que j’ajouterais :

Présentement, au Québec on ne parle que de WebTélé, alors qu’ailleurs le spectre de la vidéo sur IP est bien plus large. On y parle plutôt d’InternetTV, de diffusion mobile et multi plateforme.

La WebTélé n’est qu’une des branches de la vidéo sur IP. En Asie et en Europe par exemple, la diffusion sur appareils mobiles est devenue chose pratiquement courante et source de revenus additionnels pour les telcos et producteurs de contenu. Ce ne sera pas long, et c’est d’ailleurs déjà amorcé (SlingBox, AppleTV, XBox360, …), que vous pourrez visionner des chaînes de télé Internet de la même façon et avec la même facilité que vos chaînes de télé traditionnelles, et ce, à partir de votre téléviseur dans le confort de votre salon.

Cela étant dit, il y a également tout un milieu qui utilise depuis fort longtemps la diffusion vidéo sur IP. Je parle ici du milieu corporatif. Une “WebTélé” en entreprise permet entre autres d’augmenter les communications entre les hiérarchies, permettant ainsi aux dirigeants de communiquer et développer une culture d’entreprise forte sans ressentir le besoin de l’élément publicitaire comme source de revenus. Le seul fait de diffuser une assemblée annuelle, un rapport trimestriel ou une conférence de presse via cette technologie, leur permet d’épargner certains coûts associés aux déplacements et à la logistique. C’est d’autant plus vrai dans les contextes économiques et environnementaux actuels.

La démocratisation de l’Internet comme nouvelle couche de diffusion ne fait que commencer. Beaucoup reste à faire, mais le mouvement est bien amorcé.

Il y a par contre un fait, les revenus anticipés de la WebTélé pour le secteur des médias et du divertissement, se font encore attendre.

Sur ce point, et en conclusion, je vous inviterais à lire cet article paru en début de semaine sur NewTeeVee : Where’s the Money in Online Video?

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