Le Wallstreet Journal consacre depuis quelques mois une section de plus en plus importante à l’univers de la vidéo sur IP. Il a d’ailleurs publié un article au mois de juillet dernier annonçant la venue de nouvelles entreprises nichées dans la diffusion via Internet de contenu vidéo sur les téléviseurs conventionnels. Le Journal de Montréal l’a reprit dans sa section Wallstreet du lundi.
Au cours des dernières années, bien des tentatives se sont soldées par un maigre engouement de la part des utilisateurs. Pourquoi? Il y a bien sûr les raisons technologiques qui s’estompent plus le temps avance, mais surtout une incapacité à rivaliser avec l’industrie télévisuelle conventionnelle qui n’apprécie pas de voir apparaître des compagnies technologiques sur leur terrain sacré.
Pourtant, selon moi, le succès de la télé-Internet passera par la diffusion et la distribution sur téléviseurs conventionnels. En 2007, la majorité du trafic vidéo sur Internet est le résultat de site web UGC (User Generated Content) à la YouTube et Break.com. Quand est-il du contenu de qualité et en haute définition? Il y a bien les tentatives des géants à vouloir porter leur contenu sur Internet, il n’en reste pas moins que ceux qui paient et téléchargent une émission de CBS sur iTunes sont représentés en grande partie par des utilisateurs précoces de nouvelles technologies. Accéder à du contenu vidéo via le web sur un PC est idéal et convient à du contenu YouTube, à des conférences de presse, des séminaires, des courts clips et extraits de films. Par contre, je vois mal mon père télécharger un film sur son PC et le regarder sur son écran 17 pouces assis sur une chaise de bureau… Je ne fais pas uniquement référence aux plus vieux. Je regarde mon fils de 11 ans qui lui aussi, lorsqu’il désire écouter un film, se met en mode passif, au neutre, s’écrase dans le fauteuil et fait la patate. Lorsqu’il est devant un écran d’ordinateur, 15 fenêtres sont ouvertes en même temps, certaines sur YouTube, d’autres sur MySpace et de la main gauche discute sur MSN, mais jamais il ne regardera un film, ou une émission entière devant le PC. L’humain est ainsi fait, et il désire par moments décrocher sans avoir à intervenir.
Vous me direz qu’il y a bien les Apple.TV, les MS Media Center, les Xbox 360 et compagnie qui sont un bon point de départ, mais nous sommes loin d’une convivialité à toute épreuve. Et la bataille des formats dans un environnement fermé n’aide pas non plus à faire avancer rapidement la télé Internet, contrairement à ce qui a pu se produire avec les MP3 et l’industrie de la musique. Ces produits comblent bien un aspect, celui du téléchargement pour visionnement ultérieur, via le PC ou une télé raccordée. Mais quand est-il du direct? Le jour où nous aurons un produit nous permettant du confort de son salon d’accéder autant à des chaînes conventionnelles et à des chaînes d’InternetTV, nous aurons un gagnant et verrons alors l’industrie actuelle prendre un tournant qui est difficilement acceptable par les diffuseurs conventionnels. La toile de diffusion deviendra internationale et non délimitée par des territoires géographiques, elle le sera plutôt par des communautés d’intérêts.
Dans l’article du WSJ, on fait d’ailleurs référence à la compagnie NeuLion, qui grâce à un « set-top-box » donne accès à de la programmation religieuse, sportive (Baseball cubain) et à des émissions africaines. Pour le moment, le gros du défi demeure encore la négociation des droits de diffusion du contenu qui est à la base du contenu destiné pour la télévision conventionnelle. Mais nous verrons selon moi, tranquillement apparaître des producteurs qui diffuseront du contenu exclusif pour l’InternetTV, ouvrir leurs propres chaînes et contournerons ainsi les réseaux de distribution traditionnels.
Certains joueurs majeurs ont déjà annoncé leurs couleurs et leur intention de porter leur contenu sur des « set-top-boxes ». On a qu’à penser à Joost, qui devrait en faire l’annonce d’ici 18 mois et Microsoft qui vient de lancer sa MSN-TV.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet anime et animera bien des discussions au cours des prochains mois.




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